Vous n'avez pas besoin de résoudre toute votre vie pour réfléchir à votre ikigai. Commencez par une scène précise : un moment où vous vous êtes senti utile, relié, attentif ou tranquillement satisfait.
Cet exercice prend environ quinze minutes. Il ne produit pas une étiquette ni un métier idéal. Il vous aide à regarder votre semaine avec assez de précision pour choisir une petite expérience à poursuivre.
Une question que Sindy connaît aussi
Dans son récit de fondatrice, Sindija Vilmane explique avoir cherché pendant des années un outil pour l’aider à mieux se connaître. Son point de départ était une question sur la vie qu’elle voulait mener.
L’exercice ci-dessous prend cette question au sérieux en lui donnant une taille praticable : une scène de votre semaine, puis une petite expérience. Vous pouvez chercher du sens sans attendre de pouvoir raconter toute votre vie en une phrase.
L’idée de départ : chercher une scène, pas une vocation
La question « quel est mon ikigai ? » peut sembler immense. Elle donne l'impression qu'une réponse unique vous attend, et que vous devez la trouver avant d'avancer. Pour commencer plus simplement, demandez-vous :
Quand mes journées ont-elles récemment semblé avoir un peu plus de valeur ?
La réponse n'a pas besoin d'être spectaculaire. Il peut s'agir d'une conversation, d'un repas préparé avec soin, d'une tâche réparée, d'un apprentissage, d'un service rendu ou d'un moment où vous avez enfin compris quelque chose.
Le mot ikigai peut être associé à une raison de vivre ou à ce qui donne de la valeur à la vie quotidienne. La présentation de l’ikigai par Japan.gov montre notamment pourquoi il est trop étroit de réduire le concept à une profession. Cette référence n'impose pas une définition personnelle : elle vous invite à observer la vie vécue, les relations et les pratiques ordinaires.
Pour replacer cet exercice dans son contexte, consultez aussi notre guide sur le sens de l’ikigai.
Étape 1 — Choisir un moment récent
Prenez votre agenda, vos messages ou votre mémoire des sept derniers jours. Choisissez un moment assez concret pour être raconté en quelques phrases.
Évitez de partir d'une étiquette comme « ma famille » ou « mon travail ». Descendez d'un niveau : « j'ai écouté mon frère après son entretien », « j'ai repris un dossier désordonné », « j'ai marché avec une voisine », « j'ai répété un morceau ».
Écrivez simplement :
Cette semaine, un moment qui avait de la valeur pour moi était…
Puis ajoutez :
- où vous étiez ;
- ce que vous faisiez exactement ;
- qui ou quoi était concerné ;
- ce qui s'est passé juste avant et juste après.
Le détail protège votre réflexion contre les réponses trop générales. « J'aime aider » ne permet pas encore de savoir quelle forme d'aide vous convient. « J'ai simplifié une démarche pour quelqu'un qui ne savait pas par où commencer » constitue déjà une observation.
Étape 2 — Nommer ce qui comptait dans la scène
Relisez votre description et choisissez une ou deux dimensions parmi celles-ci :
| Dimension | Ce que vous pouvez avoir ressenti |
|---|---|
| Connexion | Je n’étais pas seul ; une relation a compté. |
| Contribution | Mon effort a rendu quelque chose plus facile ou possible. |
| Soin | J’ai protégé, réparé, nourri ou accompagné. |
| Apprentissage | J’ai compris, progressé ou transmis. |
| Création | J’ai imaginé, fabriqué, écrit ou amélioré. |
| Présence | J’ai prêté attention au lieu, au corps ou au moment. |
Vous pouvez en choisir plusieurs. Une conversation peut être à la fois du soin et de la connexion. Une tâche professionnelle peut mêler contribution et apprentissage. Le but n'est pas de vous classer, mais de mettre des mots sur ce qui a rendu la scène importante.
Complétez la phrase :
Ce qui comptait le plus n’était pas seulement [l’activité], mais le fait de [verbe] pour ou avec [personne, problème ou lieu].
Exemple : « Ce qui comptait le plus n'était pas seulement d'organiser le dossier, mais de rendre la décision plus claire pour l'équipe. »
Étape 3 — Observer le coût et les conditions
Une activité peut avoir du sens et vous coûter trop cher dans sa forme actuelle. Ne confondez pas importance et soutenabilité.
Notez ce qui a aidé la scène :
- aviez-vous assez de temps ?
- pouviez-vous choisir votre manière de faire ?
- étiez-vous seul, en duo ou en groupe ?
- votre corps et votre attention avaient-ils assez d'énergie ?
- quelqu'un a-t-il reconnu ou utilisé le résultat ?
Notez aussi ce qui a rendu la scène difficile. Peut-être que vous avez aimé transmettre, mais pas improviser devant vingt personnes. Peut-être que vous avez apprécié aider, mais que vous aviez besoin d'une limite claire. Peut-être que le travail vous a intéressé, mais qu'une journée sans pause a rendu l'expérience invivable.
Une réflexion honnête garde les deux informations. Le sens ne justifie pas l'épuisement et un manque de confort ponctuel ne signifie pas forcément que l'activité est mauvaise.
Étape 4 — Transformer l’observation en verbe
Les noms ressemblent souvent à des identités : « créativité », « leadership », « psychologie », « nature ». Les verbes vous indiquent ce que vous pourriez réellement tester.
Remplacez le thème par une action :
- « créativité » devient concevoir une manière plus claire de présenter une idée ;
- « psychologie » devient écouter, reformuler et aider quelqu'un à préciser une question ;
- « nature » devient observer, cultiver ou protéger un espace vivant ;
- « leadership » devient rassembler des personnes autour d'une décision et clarifier les responsabilités.
Choisissez un verbe qui apparaît dans votre scène. Puis écrivez :
J’aimerais donner un peu plus de place à [verbe], dans un contexte où [condition importante].
Cette phrase reste une hypothèse. Elle n'a pas à devenir un slogan ni une promesse pour toute votre vie.
Étape 5 — Choisir une expérience de sept jours
Une réflexion devient plus utile quand elle rencontre une action. Choisissez une version petite de votre verbe, avec une limite claire.
| Si votre verbe est… | Une expérience possible |
|---|---|
| Expliquer | Préparer une courte fiche qui aide une personne à comprendre un sujet. |
| Prendre soin | Proposer une aide précise, avec un début et une fin convenus. |
| Créer | Fabriquer une petite version avant de chercher un projet plus grand. |
| Apprendre | Réserver trois séances courtes et noter ce qui vous donne envie de revenir. |
| Relier | Organiser une conversation ou une activité qui rapproche deux personnes. |
| Améliorer | Choisir un désordre concret et tester un changement réversible. |
Ne mesurez pas seulement le plaisir. Pendant les sept jours, observez :
- À quel moment votre attention s'est-elle posée ?
- Quelle partie avez-vous voulu éviter ou écourter ?
- Qu'est-ce qui vous a aidé à continuer ?
- La personne ou le lieu concerné a-t-il réellement bénéficié de votre effort ?
- Que voudriez-vous modifier avant de recommencer ?
Une expérience peut vous montrer qu'une piste ne vous convient pas. C'est une bonne information. Vous n'avez pas échoué à trouver votre ikigai ; vous avez évité de construire une grande décision sur une image trop vague.
Un exemple : Claire ne cherche pas un nouveau métier
Exemple illustratif : le personnage et la situation sont fictifs.
Claire commence l'exercice en écrivant : « Je veux trouver une vie plus utile. » C'est sincère mais trop abstrait. En regardant sa semaine, elle repère un moment où elle a aidé une nouvelle collègue à comprendre un outil compliqué.
Elle précise :
- activité : transformer une explication confuse en étapes simples ;
- personne concernée : quelqu'un qui débute ;
- dimension : contribution et transmission ;
- condition : avoir le temps de préparer, sans devoir répondre à dix urgences en même temps ;
- coût : la conversation improvisée l'a fatiguée.
Son hypothèse devient : « J'aimerais donner plus de place à l'explication et à la transmission, dans un contexte préparé et calme. » Pendant une semaine, elle crée une courte fiche pour chaque question fréquente de son équipe et demande à deux collègues de l'utiliser.
Elle découvre que la préparation lui plaît davantage que la permanence de support. Elle ne décide pas de devenir formatrice. Elle obtient une information plus précise sur la forme que pourrait prendre une activité qui a du sens pour elle.
Faut-il utiliser un test ?
Un test peut vous aider quand vous ne savez pas quelles questions poser. Le test d’ikigai en français peut organiser une réflexion sur vos intérêts, votre contribution et vos conditions. Utilisez le résultat comme une liste de pistes, puis ramenez une seule piste à une scène et à une expérience.
Si votre question porte plutôt sur la différence entre direction, mission et sens quotidien, l'article Ikigai, raison d’être et mission : trois mots, pas le même sens peut vous aider à ne pas fusionner des notions différentes.
Le test ne connaît pas vos engagements, vos revenus, votre santé, votre environnement ou les personnes qui comptent pour vous. Pour ces questions, une conversation réelle et une observation de terrain apportent souvent davantage qu'une nouvelle échelle.
Ce que cet exercice ne doit pas devenir
Ne l'utilisez pas pour :
- prouver que vous avez une mission exceptionnelle ;
- transformer une petite activité en nouvelle identité obligatoire ;
- culpabiliser une période où vous manquez d'énergie ;
- ignorer un environnement professionnel nocif ;
- demander à une réponse de décider à votre place.
Si vous ressentez un mal-être persistant ou si votre capacité à fonctionner est fortement diminuée, un exercice d'ikigai ne remplace pas un accompagnement professionnel. Le sens peut faire partie d'une vie soutenable, mais il ne doit pas servir à maquiller l'épuisement.
FAQ : l’ikigai au quotidien
Combien de temps faut-il pour faire cet exercice ?
La première réflexion peut prendre quinze minutes. L'expérience qui suit dure sept jours, avec quelques notes courtes. Le but n'est pas de finir un programme, mais de recueillir assez d'informations pour choisir un prochain pas.
Dois-je trouver une seule réponse ?
Non. Plusieurs relations, pratiques et contributions peuvent avoir de la valeur en même temps. Leur importance peut aussi changer selon votre âge, vos responsabilités, votre santé et votre environnement.
Et si rien ne semble avoir de sens en ce moment ?
Réduisez encore l'échelle. Cherchez une sensation de calme, une personne avec qui vous vous sentez en sécurité ou une action qui rend une chose légèrement moins difficile. Si cette absence de sens s'accompagne d'une souffrance durable, cherchez aussi un soutien qualifié.
L’ikigai doit-il être lié à mon travail ?
Non. Le travail peut en faire partie, mais le soin, l'apprentissage, les liens et les pratiques personnelles peuvent être tout aussi importants. Ne demandez pas à votre emploi de remplir toutes les fonctions d'une vie.
Que faire après les sept jours ?
Relisez vos notes et choisissez l'une de trois options : recommencer en ajustant une condition, tester un autre verbe, ou conserver l'activité comme une source de sens sans en faire un projet professionnel. La suite doit dépendre de ce que vous avez observé, pas d'une obligation de conclure.