Exemples d'ikigai : 12 personnes réelles et leur raison de se lever chaque matin
On lit beaucoup de choses sur l'ikigai, mais on en voit rarement des exemples concrets. Quand Héctor García et Francesc Miralles ont publié Ikigai : Le secret des Japonais pour une vie longue et heureuse chez Solar en 2017, beaucoup de lecteurs francophones ont refermé le livre avec une question pratique : à quoi cela ressemble-t-il, vraiment, dans la vie d'un Parisien, d'un Bruxellois ou d'une Montréalaise ? Cette philosophie japonaise est devenue célèbre, mais elle reste souvent une abstraction posée sur un coin de bureau.
Ce que je te propose ici, c'est une promenade à travers douze histoires. Douze prénoms, douze villes, douze âges différents. Aucun de ces portraits ne raconte une démission spectaculaire, aucun ne décrit une fuite vers Bali ou la création d'une start-up à six chiffres. Tu vas plutôt rencontrer des gens qui ont gardé leur métier, leur appartement, leurs factures, et qui ont logé leur ikigai quelque part entre deux obligations. Ce sont des exemples d'ikigai au sens où Ken Mogi l'entend : de petites raisons, très concrètes, de se lever le matin.
L'idée n'est pas que tu copies l'un de ces parcours. C'est plutôt que tu reconnaisses, dans le rythme de leurs journées, quelque chose qui ressemble à la tienne. Si tu veux d'abord poser les bases théoriques, tu peux lire qu'est-ce que l'ikigai avant de revenir ici. Sinon, suis-moi : on commence à Paris, dans une salle de classe d'un collège du 19e arrondissement.
Camille, professeure à Paris : son ikigai tient en deux heures par semaine
Camille a 34 ans et enseigne le français dans un collège du 19e arrondissement de Paris. Quand on lui demande ce qui la fait tenir, elle ne répond pas "l'enseignement" en bloc. Elle parle des deux heures de soutien qu'elle anime chaque mardi soir, avec sept ou huit élèves qui n'arrivent pas à suivre. C'est là, dit-elle, que son ikigai se concentre, comme une lumière au bout d'une semaine parfois épuisante.
Le reste de son travail, elle l'accepte. Les conseils de classe, les copies, les réunions parents : ce n'est pas son ikigai, c'est son métier. Cette distinction la protège. Elle ne demande pas à toute sa journée d'avoir du sens. Elle demande à un créneau précis d'en porter assez pour irriguer le reste. Ken Mogi, dans La Petite méthode pour trouver votre ikigai, insiste justement sur cette idée : les Japonais ne cherchent pas le sens dans une grande mission, mais dans une activité quotidienne, presque modeste.
Camille s'est aussi inscrite à un cours de poterie le samedi matin, près de la place des Fêtes. Elle n'en parle pas comme d'une passion : elle dit que cela lui apprend à tolérer l'imperfection, ce qui l'aide ensuite avec ses élèves. Son cas est révélateur d'une chose que peu de livres osent dire : l'ikigai n'a pas besoin d'occuper trente-cinq heures par semaine pour transformer une vie.
Lucas à Bruxelles : un club de cyclisme du dimanche comme colonne vertébrale
Lucas, 41 ans, est ingénieur dans une société de télécommunications à Bruxelles. Du lundi au vendredi, il code, il participe à des réunions Teams, il valide des cahiers des charges. Rien d'enthousiasmant, rien d'intolérable. Son ikigai vit ailleurs : il organise depuis sept ans un club de cyclisme amateur qui se réunit chaque dimanche matin à Tervuren.
Le club compte une quarantaine de membres. Lucas trace les itinéraires sur Komoot, négocie avec un café d'Auderghem pour le point d'arrivée, accueille les nouveaux. Quand on lui demande pourquoi il y consacre autant d'énergie bénévole, il hausse les épaules. Il dit que sans ce club, ses semaines s'aplatiraient. Cette philosophie japonaise s'est logée pour lui dans un calendrier Google partagé et dans une boucle de soixante kilomètrès autour de la forêt de Soignes.
Dan Buettner, en étudiant les zones bleues d'Okinawa, avait noté que les centenaires japonais appartenaient presque toujours à des moai, ces petits cercles d'amis stables sur des décennies. Lucas reproduit, sans le savoir, exactement cela. Le club n'est pas un loisir, c'est une infrastructure sociale. Il y a deux ans, quand son père est tombé malade, ce sont des cyclistes du dimanche qui se sont relayés chez lui pour les courses. L'ikigai, dans son cas, a aussi servi d'assurance contre la solitude.
Yvonne, retraitée à Marseille : cuisiner pour ses petits-enfants
Yvonne a 71 ans et vit dans le 6e arrondissement de Marseille, dans un appartement qui sent le basilic et le poisson grillé. Elle a pris sa retraite après une carrière de comptable dans une coopérative agricole. Son ikigai s'appelle Léa, Hugo et Sacha, ses trois petits-enfants. Plus précisément, cela porte le nom des panisses, des aïolis du vendredi, des petits cakes au citron qu'elle prépare le mercredi pour leur goûter.
Elle ne dit jamais qu'elle "se sacrifie" pour eux. Elle dit qu'elle cuisine. Et que cuisiner pour quelqu'un qu'elle aime, à son âge, c'est ce qui donne à ses journées une cadence. Buettner décrit exactement ce phénomène à Okinawa : les anciens conservent une fonction utile dans la famille, et cette utilité prolonge leur santé. À Marseille, sans le savoir, Yvonne pratique la même chose. Cette philosophie japonaise, chez elle, sent la tapenade.
Ce qui frappe, c'est qu'elle a refusé deux fois de déménager dans une résidence senior plus moderne près de la Pointe Rouge. Elle voulait rester à dix minutes à pied de l'école de Léa. Le sens, pour elle, est une question de géographie autant que d'activité. C'est un détail qu'on oublie souvent dans les listes de conseils sur l'ikigai : pour qu'une raison de se lever existe, encore faut-il qu'elle soit physiquement accessible.
Mathieu, avocat à Montréal : défendre les syndicats en droit du travail
Mathieu, 47 ans, est avocat à Montréal, au sein d'un petit cabinet du Plateau Mont-Royal. Il aurait pu, comme plusieurs de ses camarades de l'Université de Montréal, rejoindre un grand cabinet d'affaires sur la rue University. Il a choisi le droit du travail, et plus précisément la défense des syndicats. Son ikigai n'est pas un loisir : c'est un alignement entre ce qu'il fait huit heures par jour et ce qu'il considère juste.
Cela ne veut pas dire que ses journées sont enchantées. Il perd des dossiers, il négocie avec des employeurs cyniques, il rentre tard. Mais quand il défend une caissière congédiée injustement par une chaîne d'alimentation, il sait précisément pourquoi il est dans cette salle d'audience. Cette clarté est rare et elle vaut, selon lui, les revenus moindres qu'il accepte. García et Miralles parlent dans Solar de cette idée : l'ikigai n'élimine pas la fatigue, il lui donne une direction.
Mathieu coche les quatre cercles classiques : il aime ce qu'il fait, il est bon (vingt ans de barreau), le monde en a besoin (les rapports de force au travail ne disparaissent pas), et il en vit. C'est presque trop parfait pour être instructif. Mais Mathieu le dit lui-même : cet alignement n'est pas tombé du ciel. Il l'a construit dossier par dossier, en refusant des offres à 300 000 dollars canadiens. L'ikigai, dans son cas, est aussi une série de non.
Sofia à Lyon, Karim à Lille, Anaïs à Bordeaux : trois histoires de la trentaine
Sofia, 29 ans, est infirmière en pédiatrie à l'hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron, dans la métropole lyonnaise. Son ikigai n'est pas le soin lui-même, qui l'épuise certains jours. C'est l'atelier de lecture qu'elle anime deux soirs par mois dans le service d'oncologie pédiatrique. Elle lit Petit Nicolas ou Bernard Friot à des enfants malades. Elle dit que ces soirées-là rééquilibrent toute sa pratique. Cette philosophie japonaise, pour elle, tient dans un livre de poche et trois petites chaises orange.
Karim, 33 ans, est livreur Chronopost à Lille. Son métier, en surface, n'a rien d'inspirant. Mais il a transformé sa tournée en quelque chose d'autre : il connaît les prénoms de tous les concierges du Vieux-Lille, il dépanne une dame âgée rue Esquermoise qui n'arrive plus à porter ses sacs, il glisse un mot d'humour sur chaque accusé de réception. Ken Mogi appelle cela kodawari, l'attention obsessionnelle au détail. Karim ne connaît pas le mot. Il sait juste que ces gestes minuscules transforment sa journée et qu'on l'attend.
Anaïs, 36 ans, est responsable marketing dans une entreprise de vins à Bordeaux. Elle aime son travail, sans plus. Son ikigai, elle l'a localisé ailleurs : elle anime depuis quatre ans un atelier d'écriture pour femmes au sein d'une association du quartier Saint-Michel. Une fois par mois, dix participantes, deux heures. Elle prépare ses séances le dimanche soir, et c'est ce qui lui rend les lundis supportables. Aucun de ces trois portraits ne correspond au cliché du jeune cadre qui plaque tout. Tous trois ont logé leur raison de se lever dans un interstice.
Si tu reconnais quelque chose de toi dans Sofia, Karim ou Anaïs, c'est probablement que ton ikigai n'a pas besoin de remplacer ton emploi : il a besoin d'un créneau hebdomadaire où il peut exister. D'autres exemples d'ikigai sur le site vont dans le même sens : la transformation se loge dans les marges, pas au centre.
Bruno à Liège, Élise à Genève, Hassan à Casablanca : trois géographies, une même idée
Bruno, 58 ans, est artisan menuisier à Liège, dans le quartier d'Outremeuse. Il fabrique principalement des fenêtrès pour des maisons anciennes. Son ikigai, c'est la restauration des huisseries du XVIIIe siècle, un savoir-faire qu'il a appris auprès d'un vieux compagnon flamand et qu'il transmet maintenant à un apprenti de 22 ans. Cette transmission est devenue, ces dernières années, l'axe central de sa motivation. Il sait que dans dix ans, son apprenti continuera, et cette idée lui suffit à enchaîner les commandes plus ordinaires.
Élise, 44 ans, travaille comme cadre dans une organisation internationale à Genève. Salaire élevé, mission technique, peu d'émotion. Son ikigai, elle l'a placé dans une chorale amateur qui répète tous les jeudis soir à Carouge. Quarante voix, un chef bénévole, deux concerts par an dans des églises de la rive gauche. Elle dit que ces jeudis-là sont devenus le pivot de sa semaine. Cette philosophie japonaise n'a pas eu besoin d'un changement de carrière : elle a eu besoin d'un agenda protégé.
Hassan, 52 ans, vit à Casablanca et tient une librairie de quartier dans le boulevard de la Résistance. La librairie ne lui rapporte presque rien, mais elle est devenue, au fil des ans, un lieu où les jeunes du quartier viennent emprunter des livres en français et en arabe. Son ikigai n'est pas la vente : c'est cette fonction d'accès à la lecture pour des enfants dont les familles n'achètent pas de romans. Il complète ses revenus en donnant des cours du soir. Il dit que sans la librairie, son existence ressemblerait à une succession de tâches. Avec elle, il a une boussole.
Buettner aurait reconnu, dans ces trois histoires, le même schéma : une activité régulière, ancrée dans un lieu, reliée à d'autres personnes, et porteuse d'un sens qui dépasse la rémunération. Liège, Genève, Casablanca : trois villes, trois climats, trois langues de travail. Mais le mécanisme est exactement le même.
Camille T. à Lausanne, Ahmed à Tunis, Mireille à Québec : trois exemples qui prennent le contre-pied
Camille T. (à ne pas confondre avec la première Camille) a 65 ans et habite à Lausanne. Elle a été cheffe d'entreprise dans le textile pendant trente ans. Depuis sa retraite, elle accompagne bénévolement des migrantes dans leurs démarches administratives, deux jours par semaine, au sein d'une association du quartier de la Pontaise. Son ikigai n'est plus du tout son ancien métier. Il a glissé, à 60 ans, vers quelque chose de complètement neuf. Cela démontre une chose importante : l'ikigai n'est pas une donnée fixe.
Ahmed, 28 ans, est développeur web à Tunis. Il travaille en remote pour une agence française. Son ikigai n'est pas le code : c'est le club de robotique éducative qu'il a fondé pour des collégiens du quartier de la Marsa. Il s'y rend deux samedis par mois, gratuitement. Il dit que sans ce club, son travail de jour, certes bien payé, lui semblerait creux. Cette philosophie japonaise s'est traduite chez lui en cartes Arduino et en regards d'adolescents qui découvrent qu'ils peuvent faire bouger un petit robot.
Mireille, 70 ans, vit à Québec, dans le quartier Limoilou. Veuve depuis cinq ans, elle a longtemps cru qu'elle n'avait plus de raison de se lever. Puis elle s'est inscrite comme bénévole à une banque alimentaire locale. Trois matinées par semaine, elle distribue des paniers. Son ikigai s'est reconstruit là, autour d'une activité utile, d'un horaire fixe, et d'une équipe stable. Buettner aurait souligné les trois ingrédients : utilité, régularité, lien. Mireille n'a pas "trouvé" son ikigai par introspection : elle l'a rencontré en passant la porte d'un local communautaire.
Ces trois derniers portraits prennent le contre-pied des récits où l'on découvre sa vocation à 25 ans dans un éclair mystique. Ils rappellent que la raison de se lever peut apparaître à 28, 60 ou 70 ans, et que son apparition est souvent moins romantique qu'on ne l'imagine.
Ce que ces 12 exemples t'apprennent sur ton propre ikigai
Maintenant que tu as rencontré ces douze personnes, prends une minute pour noter ce qui revient. Plusieurs motifs traversent ces histoires, et ces motifs valent mieux que n'importe quelle théorie.
Premier motif : aucun de ces douze portraits ne décrit une révolution. Personne n'a quitté son métier du jour au lendemain. Personne n'a vendu son appartement pour vivre dans une yourte. Mathieu a aligné son métier sur ses valeurs, mais cela lui a pris quinze ans. Camille T. a changé d'orientation à 60 ans, mais sans tout détruire. Cette philosophie japonaise, dans la vie réelle, ressemble beaucoup plus à un ajustement progressif qu'à un saut dans le vide. Si tu attends un déclic spectaculaire pour bouger, tu risques de l'attendre longtemps.
Deuxième motif : le sens est souvent niché dans une activité hebdomadaire précise, pas dans une grande mission de vie. Deux heures de soutien le mardi soir pour Camille, le dimanche matin à vélo pour Lucas, le mercredi à cuisiner pour Yvonne, le jeudi à chanter pour Élise. Ken Mogi le dit clairement : l'ikigai japonais n'a rien d'une carrière, c'est un rituel. La question utile n'est donc pas "quelle est ma mission ?", mais "quel créneau de ma semaine veux-je rendre sacré ?".
Troisième motif : presque toutes ces personnes ont des liens stables autour de leur ikigai. Le club, l'atelier, la famille, l'association, l'apprenti. Buettner aurait reconnu là le moteur principal des zones bleues. Une raison de se lever ne survit pas longtemps en solitaire. Si ton projet de sens n'implique aucun autre humain, il risque de s'éteindre vite. Pose-toi la question : qui va m'attendre ?
Quatrième motif : le métier n'est ni toujours l'ennemi du sens, ni toujours son lieu. Pour Mathieu, l'ikigai est dedans. Pour Lucas et Élise, il est ailleurs. Pour Camille, il est dans un coin précis du métier. Il n'y a pas de règle. Cesse de te demander si tu dois quitter ton emploi : demande-toi plutôt où, dans ta semaine actuelle, une activité signifiante pourrait s'installer.
Cinquième motif : ces douze personnes ont toutes accepté de l'ordinaire dans leur vie. Camille corrige des copies, Lucas gère des sprints Agile, Anaïs prépare des plans marketing. Aucune de ces tâches n'est leur ikigai, et ce n'est pas grave. Le bonheur quotidien, comme le rappelle García dans Solar, ne consiste pas à transformer chaque heure en moment fort. Il consiste à protéger soigneusement quelques heures qui en valent la peine.
Pour passer de la lecture à l'action, je te suggère un exercice simple. Prends une feuille, divise-la en sept colonnes (les jours de la semaine), et marque d'une étoile les moments où tu te sens vivant. Au bout de trois semaines, tu auras une carte assez précise de ce qui ressemble, chez toi, à un embryon d'ikigai. Si tu préfères une version structurée avec des questions guidées, tu peux faire le test sur Ikigain.org : c'est gratuit, cela prend quinze minutes et cela accélère le repérage.
Questions fréquentes sur les exemples d'ikigai
Faut-il avoir un seul ikigai à la fois ?
Non. Plusieurs des portraits ci-dessus montrent des personnes qui ont deux ou trois activités significatives en parallèle. Camille a son soutien scolaire et sa poterie, Mireille a la banque alimentaire et ses petits-enfants. L'idée d'un ikigai unique vient surtout de schémas occidentaux simplifiés. Dans la pratique japonaise décrite par Ken Mogi, on parle plutôt de plusieurs petites raisons, pas d'une seule grande cause.
Et si je n'ai aucune idée de mon ikigai à 40 ans ?
C'est extrêmement courant. Anaïs ne l'avait pas à 32 ans, Mireille ne l'avait pas à 65. Cette philosophie japonaise n'est pas une révélation : c'est une exploration. Commence par lister, sur deux semaines, les moments où tu te sens vivant, même brièvement. Tu y trouveras des indices. Ne cherche pas une mission, cherche un signal faible. La méthode du test ikigai est conçue exactement pour cela.
Est-ce que l'ikigai doit rapporter de l'argent ?
Non, et c'est même une des distorsions les plus tenaces du modèle occidental. Pour Lucas, Yvonne, Sofia ou Mireille, leur raison de se lever ne génère aucun revenu. Le schéma à quatre cercles (passion, mission, profession, vocation) est utile, mais il ne décrit pas exactement le mot japonais d'origine. Ken Mogi insiste : l'ikigai peut être totalement non rémunéré sans perdre sa valeur.
Faut-il être bon dans son ikigai ?
Pas au sens d'une excellence. Karim n'est pas un livreur exceptionnel, il est un livreur attentionné. Élise n'est pas une grande chanteuse, elle chante à Carouge avec quarante autres voix. Ce qui compte, c'est l'engagement et la régularité, pas la performance. Beaucoup de gens se bloquent en se disant qu'ils ne sont "pas assez bons" pour mériter une activité passionnante. C'est faux.
Combien de temps faut-il pour qu'un ikigai s'installe ?
D'après les portraits ci-dessus, entre quelques mois et plusieurs années. Lucas a mis deux ans à se sentir indispensable à son club. Bruno a mis trente ans à voir la transmission comme son axe principal. La règle empirique : si après trois mois d'engagement régulier, une activité te manque quand elle saute, c'est probablement un bon candidat. Si elle ne te manque pas, cherche ailleurs.
Voilà donc douze visages, douze villes, et un même mot japonais qui se loge dans des vies très différentes. Si une chose mérite d'être retenue de ces portraits, c'est que cette philosophie japonaise n'est pas un produit fini que l'on achète, mais un coin de semaine que l'on protège, parfois pendant des décennies. Camille, Lucas, Yvonne, Mathieu et les huit autres n'ont pas attendu une grande révélation. Ils ont commencé petit, un mardi soir, un dimanche matin, un samedi pluvieux. À toi de choisir ton créneau.



